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VOYAGE EN CATALOGNE – PART 1

On passe le village de Pago en direction de Tarragona, peu après l’entrée de Sant Sadurni de Anoia qui se trouve sur notre droite avec une petite route entourée d’amandiers en pleine floraison qui peuplent cette terre rougeatre et fertile. En parcourant la route nationale le coeur est soudain envahi par un contraste assez frappant, cette beauté fragile faite de nature et terre se trouve à partager les mêmes espaces avec des batiments industriels et des centres urbaines, “tiendas” et cafés qui se proposent de restorer les passants.
Le panorama change à partir du village de Falset, le centre plus dévelopé de la région, avec ces quelques millier d’habitants. Deux possibles directions se presentent à nous, la route ouest vers Gratallops, qui parcourit le périmetre selon les aguilles d’une montre et traverse toute le secteur de la Garnatxa, ou la route est en direction de Porrera qui signale le territoir de la Carinyena.
Une région délimitée par le “fer à cheval” montagneux du Montsant et dominée par deux cépages traditionnels introduits par les moines lors de leur installation peu après l’an 1100 de notre ère, qui ont introduit la viticulture ainsi quel es deux cépages traditionnels Grenache et Carignan depuis la vallée du Rhône. La Cartuxa de Escala Dei est à l’origine de cette histoire viticole, fameuse aujourd’hui dans le monde entier sous le nom de Priorato, anciennement la “comarca” du prieur.  

La Sierra del Montsant et la Figueras qui font le périmetre de l’appellation sont une masse imposante de calcaire accumulé à la période ou le continent était encore couvert par la Thétys, et qui soubissent une erosion constante depuis leur venue en surface, bien après la formation de la Méditerranée.
Cette érosion peut avoir lieu sous forme de gros bloques, mais plus souvent il s’agit d’éboulis ou poussière calcaire qui forment, avec l’argile, les sols riches de la DO Montsant. On trouvera ici des vins jouxteux grace à la bonne retention hydrique, bien que la pluviometrie ne soit que rarement plus élévée de 650mm par an à cause du barrage naturel constitué par le massif envers la circulation nuageuse. On m’a fait montré la région avec l’image d’un oeuf au plat, le jeune étant le Priorat, le blanc les terres plus grasses et fertiles de l’appellation Montsant.
L’îlot centrale, le Priorat, beneficie de sols totalement différentes, ce qu’on appelle localement “licorella ou pizarra”, ou bien du schiste originé par les dépots d’argile du Carbonifère, sedimentées et par métamorphisme reduites à cette structure feuilletée. Le sols tendent à être ici peu profonds, étant la roche mère extrêmement proche de la surface, surtout sur les côteaux encore cultivés de manière traditionnelle, donc en gobelet sans échalas. La pratique de la viticulture en terrasse arrive seulement dans les années ‘90s afin de mechaniser partiellement un travail qui est ici depuis toujour seulement manuel (voir animale).

La vocation viticole du Priorat est indiscutable, mais il s’agit inevitablement de vins marqués par un carachter puissant et la densité elevée en bouche (structure, volume, alcohol), aussi financierment au coût de production élévé. Les vins du voisin Montsant sont visiblement bien complémentaire, sous le point de vue economique, avec des vins bien moins chers, et aussi en terme de buvabilité, puisque leur generosité leur permet d’être approchés sans un long vieillissement en cave et bouteille. 

L’avenir? Rechauffement climatique et penurie d’eau sont les contraintes auxquelles il faudra faire face, il n’y a rien de plus actuel et necessaire pour perenniser la culture dans ce secteur, comme dans tous les vignobles à climat chaud et baisse pluviometrie.
L’équilibre à mon avis est aujourd’hui à chercher dans un meilleur rapport avec la vigne, peut être que avec des méthodes culturelles eco-compatibles et dans des sols vivants on arrivera à retenir un peu plus d’eau et à maintenir une meilleure acidité naturelle dans les raisins.
Le travail de cave, avec des extractions bien gerées et des solutions en élévage plus fidèles au terroir, en sera la suite automatique.
Je me réjouis de suivre de proche l’avenir de ce coin de paradis!