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De Vienne à Valence

Un ami proche m’a repeté plusieurs fois la frase: “On peut tout expliquer avec la géologie!”. Bien évidemment il est géologue, (volcanologue pour la précision), et avec le temps ça m’a en partie convencu! C’est aussi pour cette raison que je trouve très intéressant d’explorer la Vallée du Rhône nord à travers la comparaison entre rive droite et rive gauche.
La Rhône, troisième rivière d’Europe par longueur, coule dans une vallée creusée après la formation des Alpes, le bloque alpin qui continue au sud sur le Massif du Vercors reppresent la limite est du bassin hydrique rhodanien; Le Massif Centrale, une formation marquée par le volcanisme, sur la base du socle cristallin hercynien, en est la frontière occidentale.

Notre descente de la rivière demarre avec les vignobles de Seyssuel, en proximité de la ville de Vienne. Le site est un berceau de la viticulture depuis l’époque romaine qui s’est temporairement éteint à la fin du XIX – début XX siecle suite à la phyloxera et le mouvement d’industrialisation / urbanisation qui a touché tout le marché agricole européen en cette époque.
Dans les années ‘90 L’aventure de quatre amis vignerons, Pierre-Jean, Francois, Pierre et Yves donne une nouvelle vie à cette région qui compte aujourd’hui avec même pas une centaine d’hectares de vignes. Le prolongement du bassin molassique s’arrête à la frontière savoyarde et quand on parle de Seyssuel on parle de rive gauche et de métamorphisme du à la tectonique des plaques, ce qui explique la dominante de schiste et gneiss qu’on retrouve aujourd’hui sur ces coteaux.

En croisant la rivière on rentre dans les appellation Côte-Rôtie et Condrieu, cette fois on parle granite, roche volcanique, schiste noire / sombre, vins à la structure plus dense et à l’aromatique plus épicée, bien qu’on puisse trouver des analogies avec Seyssuel dans le secteur de la côte blonde, vers Tupin et Semons.
Les blancs aussi, faite excéption pour certaines viogniers conçus pour être bus sur le fruit, sont splendidement aptes au vieillissement, exemple parlant le grands assemblages Marsanne – Roussanne sur les coteaux de l’Hermitage qui gagnent réellement en finesse à partir des leur 10-15 ans d’âge et sur une échelle temporelle un peu plus courte les blancs de Saint-Joseph arrivent à s’approcher au noble voisin.
Avec la petite appellation Cornas, à la hauteur de Valence, on revient sur les grands rouges de la rive droite, un aphithéatre d’à peu près 100ha, avec une moyenne qualitative des plus élevées.                                                                                                                                                 

Cette aventure s’est déroulée au rhytme des nobles syrah rhodaniennes, corbeilles de fruits entourées des structures acide-tanniques de superbe verticalité et puissance, qui se detendent avec les temps en bouteille pour tirer sur les notes d’épices douces, sous bois, un aromatique sanguin et la touche végétales – fumée dans les versions traditionnelles en vendange entière.
En remontant l’histoire avec des anciens millésime on a la prouve que même dans les année au profile climatique chaud, (voir caniculaire) les cuvées produites arrivent à marrier puissance et fraîcheur avec un potentiel de garde vraiment remarquable sur les meilleures terroirs.

Recuperer quelques parcelles dans le coin reste un rêve caché, mais comme on peut facilement comprendre cela n’a pas encore pris forme. La contrainte dans des régions si prisées, au délà du capitale, est celle d’arriver au bon moment! La plus part des transactions se font avant que les vignes soit déclarées “en vente” et comme jeune vigneron souvent l’unique possibilité de démarrer est avec un marché de négoce, parfois en achetant sur pied les lots qui encarnent le profile recherché et une étique de travail à la vigne compatible. Peut-être avec du temps, un peu de chance et un reseau d’amis sur place on pourra convertir ce rêve en réalité!