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Encore une fois je me suis laissé charmer par la beauté de cette île, à la fois terre de culture multi millénaire, mais aussi symbole d’une force sauvage qui remet assez vite les hommes à leur place dans la création.

Chaque coulée de lave, « sciara », se montre avec une identité propre, des formations rocheuses plus ou moins dures et anguleuses, plus ou moins apprivoisies par le temps, qui différent aussi en composition minérale, dégré de metéorisation, etc…des differents « terroirs », sols fertiles et drainants qui ont hospité la vigne pour plus que trois mil ans.

La version moderne du vignoble Etnéen, donc celle qu’on connait depuis la resplendissante reprise des années ’90, voit le Nerello Mascalese en rouge et le Carricante en blanc dominer la scene. Deux cépages capables de nouancer les differentes conditions de plantation, de chaque vignoble ou « Contrada » dans la langue locale.

On explore la terre du Carricante, le cadrant nord-est du volcan, la Valle del Bove, cone de déjection alimenté continuement par des coulées effusive. On trouve la vigne en descendant autours des 1000 metres d’hauteur, tradionnellement cultivée en gobelet, avec comme seul support un échalat en chatâigner.

Après quelques jours dans cet endroit extraordinaire, même avant de partir, je sens une certaine nostalgie…on se laisser traverser par cette terre indépendante, comme ses gens, ses goûts, la vigne qui se partage les côteaux avec les châtaigniers, maintenant en pleine floraison, le jaune brillant du genêt et son parfume dense, inspirateur et évocative d’une époque qui n’est plus…

Je vous salue sur un mot de Giovanni Pascoli : “Il fiore della ginestra pareva qua attendere nel crepuscolo il piede d’un profeta, d’un apostolo, d’un Dio lontano; là avanti la fiamma inestinguibile della natura distruggitrice, aspettare paziente la sua fine mortale. Ma ne usciva il medesimo profumo…”